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Le Suprême Conseil de Suisse fut, quant à lui, fondé en 1873 à Lausanne, mais il existait déjà dans le pays plusieurs Chapitres de Chevaliers Rose-Croix, dont le premier de Suisse, « La Prudence », fondé à Genève en 1802.

Le REAA s’articule en 33 degrés ou grades, dont les 3 premiers, Apprenti, Compagnon et Maître, relèvent de la juridiction de la Grande Loge Suisse Alpina (GLSA), les 30 suivants relevant de celle du Suprême Conseil du 33ème et dernier degré du REAA pour la Suisse.

Composé de 9 à 33 membres, le Suprême Conseil, présidé par un Souverain Grand Commandeur, gouverne le Rite. Il dirige le Grand Conseil des Souverains Grands Inspecteurs Généraux (33e grade), les deux Consistoires des Maîtres du Royal Secret (32e) qui communiquent le 31e grade. Il a sous sa juridiction les Aréopages des Chevaliers Kadosh (incluant les grades 19 à 30) et les Chapitres de Chevaliers Rose-Croix (incluant les grades 4 à 18).

Les Chapitres et Aréopages sont répartis dans les villes de Genève, Lausanne, La Chaux-de-Fonds, Sion, Berne, Bâle, Zurich, St-Gall et Lugano.

Franc-maçon 18e Grade

Le Rite Ecossais Rectifié

L'origine de ce Rite remonte au Système de la Stricte Observance, fondé en 1756 par le baron de Hund, initié à Paris. Ce Rite invoquait bien sûr, comme la plupart des Systèmes de hauts grades de l'époque, la filiation templière. Il prit le nom de Rite ou Régime Ecossais Rectifié après les Convents de Lyon en 1778 et de Wilhelmsbad en 1782. Il s’est établit en Suisse sous le nom de Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie (GPIH) en 1779.

Le Rite Ecossais Rectifié s’articule en 6 degrés ou grades dont les 3 premiers, Apprenti, Compagnon et Maître, relèvent de la Grande Loge Suisse Alpina depuis sa fondation en 1844. Le GPIH conserve la juridiction des 3 degrés suivants: Maître Ecossais de St-André (4e), qui constitue la transition entre la Maçonnerie symbolique de St-Jean et la Maçonnerie chevaleresque de l’Ordre intérieur, lequel comprend les deux degrés suivants d’Ecuyer Novice (5e) et de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (CBCS, 6e).

Le Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie est dirigé par un Grand Chapitre, présidé par un Grand Prieur assisté par le Directoire hevétique, formé du Grand-Prieur-adjoint, du Grand Chancelier et des six Préfets responsables des six Préfectures actuelles de Bâle, de Genève, du Léman, de Neuchâtel, du Tessin et de Zurich. De ces Préfectures dépendent les Loges de Saint-André.

L’Arche Royale (Royal Arch)

L’Ordre de la Sainte Arche Royale de Jérusalem, appelée communément Arche Royale, puise son origine dans des Rituels maçonniques antérieurs à ceux pratiqués par la franc-maçonnerie moderne de 1717. Il s’agit d’un complément au grade de Maître de la franc-maçonnerie symbolique et non d’un quatrième grade.

La symbolique du Rituel de l’Arche Royale est basé sur des événements tirés de l’Ancien Testament, dont notamment la reconstruction du Temple de Salomon. Ce Rituel permet au jeune Maître de retrouver la parole qui avait été perdue après l’assassinat du Maître Hiram. En ce sens, l’Arche Royale représente l’essence même de la franc-maçonnerie symbolique.

L’Ordre de l’Arche Royale de Suisse est réparti en Chapitres travaillant dans les villes de Berne, Coire, Genève et Zurich.

Tablier de Royal Arch

La Maçonnerie de Marque (Mark Mason)  

La Maçonnerie de Marque est très ancienne, puisqu’un procès-verbal d’une Tenue (réunion) de Maîtres Maçons de Marque daté de 1642 repose aux archives de la « Loge mère » écossaise de Kilwinning. Cette Maçonnerie s’est ensuite répandue en Irlande et en Angleterre, pays dans lequel elle s’est constituée en Grande Loge de Marque en 1856, toujours en activité aujourd’hui.

La première création d’une Loge de Marque en Suisse a eu lieu à Genève en 1992 et un contrat signé avec la Grande Loge Suisse Alpina en 1996 a permis la fondation de la Grande Loge Nationale des Maîtres Maçons de Marque de Suisse.

Ce degré est une continuation de l'ancien grade opératif de Compagnon (à l'origine, le grade de Compagnon était le dernier degré initiatique, l'appellation de Maître étant réservée uniquement au Maître ou Vénérable qui présidait la Loge). Son enseignement met l'accent sur la fameuse « pierre angulaire » rejetée par les bâtisseurs et qui est devenue la pierre d'angle maîtresse de l'œuvre. Sur cette pierre qui n'est autre que la clé de voûte de l'édifice, le Mark Mason inscrit sa « marque ».

Après celle de Genève, d’autres Loges de Marque ont été constituées à Lucerne, Coire, Lausanne et Islikon.

Tablier de Mark

Le Rite Français

Le Rite Français détient les formes les plus proches de la première franc-maçonnerie pratiquée en France vers 1725 sous l'influence de francs-maçons anglais. Ce Rite est le meilleur représentant actuel de la pratique générale des Loges françaises du XVIIIe siècle et comprend 7 degrés: Apprenti, Compagnon, Maître, Elu, Ecossais, Chevalier d'Orient et Chevalier Prince Rose-Croix. Il est pratiqué dans sa totalité en France, en Belgique, en Amérique du Sud, et uniquement pour les trois premiers degrés dans quelques Loges de la Grande Loge Suisse Alpina.

Tablier de 1er ordre

Le drapeau neuchâtelois et les armoiries de La Chaux-de-Fonds sont-ils maçonniques ?

Révolution de 1848. La principauté prussienne de Neuchâtel devient une République indépendante et un canton suisse à part entière.

La jeune république se dote d’un nouveau drapeau et la ville de la Chaux-de-Fonds de nouvelles armoiries, dont la symbolique frappe par ses connotations maçonniques.

L’histoire nous révèle que la Révolution neuchâteloise de 1848, partie de La Chaux-de-Fonds, comptait plusieurs francs-maçons parmi ses chefs dont, notamment, le fabricant d’horlogerie et ancien officier d’artillerie, Fritz Courvoisier, et l’avocat Alexis Marie Piaget qui deviendra le premier Président de la jeune République.

Ces francs-maçons qui participèrent à la formation du nouveau gouvernement ont-ils eu une influence sur le choix des couleurs du nouveau drapeau neuchâtelois ?

Les francs-maçons qui faisaient partie du Conseil municipal de La Chaux-de-Fonds en 1851 ont-ils eu une influence sur le choix des nouvelles armoiries de la Ville ?

Les archives, tant maçonniques qu’officielles, restent muettes sur les raisons et les protagonistes de ces choix.

En revanche, bien que les preuves historiques fassent défaut, les symboliques héraldiques et maçonniques exprimées par ce drapeau et ces armoiries sont extrêmement parlantes et laissent à penser que ces choix aurait bien pu être délibérés.

Alexis-Marie Piaget

La symbolique maçonnique des armoiries de La Chaux-de-Fonds

La ruche entourée d’abeilles est un symbole fort de la franc-maçonnerie, notamment par son allusion à la lumière solaire et au travail des abeilles qui aboutit au miel, symbole d’immortalité.

On la retrouve comme emblème sur de nombreux tabliers de Maitres francs-maçons du XVIIIe siècle à la fin du XIXe.

La Ruche, miroir du Temple maçonnique, et les abeilles, miroirs des francs-maçons qui l’habitent, symbolisent, par la transmutation du pollen en miel, l’action de la lumière initiatrice qui fait passer l’âme humaine de la dissipation dans les vaines mondanités (butinant de fleur en fleur) à la concentration mystique (le miel) lui permettant d’entrevoir le divin.

La ruche et les abeilles sont généralement associées au travail du Maçon sur soi-même et sont presque toujours accompagnées de la devise, écrite en alphabet secret maçonnique: « Le travail vient à bout de tout. »

La symbolique ne varie pas, que la ruche soit fermée ou entourée d’abeilles (car fermée ne veut pas dire vide).

Le nombre sept, nombre des abeilles entourant la ruche sur les armoiries de La Chaux-de-Fonds, a bien sûr une valeur maçonnique particulière, puisqu’il est attaché au grade de Maître franc-maçon et correspond, entre autres, aux degrés de connaissance que ce dernier a dû gravir pour accéder à son statut.

Tablier avec ruche

Un peu d’héraldique

Les meubles d’un écu, en héraldique, sont par définition mobiles, contrairement aux pièces honorables qui, elles, répondent à des règles strictes. C’est ainsi que le nombre des abeilles n’avait pas été défini de manière explicite, tant dans l’arrêté du Conseil général de 1851, année de la naissance des nouvelles armoiries à la ruche, que dans ceux de 1888 et 1975.

Mais il semble, d’après la reproduction d’un sceau de 1851 que le nombre des abeilles ait été de sept à l’origine, pour être confirmé ensuite en 1888 et 1975.

Le symbole de la ruche n’existe pas qu’en franc-maçonnerie et il peut très bien avoir été suggéré pour la raison très simple que la cité des Montagnes neuchâteloises était une ville industrieuse.

Néanmoins, il y a quelque chose de curieux dans la construction de ces nouvelles armoiries qui placent une ruche d’or sur champ d’argent. Elles ne sont pas conformes aux règles héraldiques qui stipulent que l’on ne doit pas placer couleur sur couleur ni métal sur métal (or sur argent ou inversement). En 1851, ces règles étaient bien sûr toujours appliquées. Il y aurait donc eu volonté de la part des concepteurs de créer des armes à « enquerre », c’est-à-dire dont il faut s’enquérir du pourquoi de leur non-respect des règles.

Serait-ce pour marquer le passage de la société aristocratique à la société républicaine, en reniant volontairement les règles de l’ancienne héraldique établies par l’aristocratie, justement, ou serait-ce plutôt une autre manière de le dire en marquant la victoire par une ruche, ce symbole des philosophes du Siècle des Lumières? Difficile de répondre...

Armoiries de 1851

Une autre façon de « blasonner »

On pourrait toutefois trouver une nouvelle allusion à la franc-maçonnerie par une lecture différente de cette partie des armoiries: en la lisant « par peinture », comme Rabelais suggérait de lire les blasons.

C’est-à-dire, non pas en blasonnant (selon le langage héraldique), mais, pour découvrir leur secret, en remplaçant les termes usités pour les couleurs ou les métaux par ceux du langage vulgaire (l’art Goth) et les figures par ce qu’elles symbolisent. C’est ainsi, par exemple, que gueules (rouge) devient « règne », azur (bleu) devient « baille » (jeu de mots avec « la grande baille », la mer; mais baille veut dire aussi bailler, bailly…), etc..

Partant de ce principe, la ruche avec les abeilles étant un symbole royal (voire impérial sous Napoléon) reconnu par tout un chacun, il est facile de jouer sur les mots à la façon de Rabelais.

Et, une première lecture rapide donnerait: « argent royal » ou « royal argent », ce qui reste un peu hermétique au profane, mais devient très évident pour un franc-maçon car, en croisant les termes, on obtient sans même y réfléchir: les « gens de l’art royal ». Or, les gens de l’Art Royal ou qui pratiquent cet art sont justement les francs-maçons, représentés ici par les abeilles qui, au nombre de sept, précisent encore qu’il s’agit des Maîtres francs-maçons.

Cette interprétation offre également l’avantage de nous expliquer pourquoi la ruche a été placée au centre, alors qu’il aurait été plus simple de la placer en pointe, si l’on considère la forme et la composition des anciennes armoiries de 1824.

Armoiries de 1824

Quel est donc le sens maçonnique des armoiries à la ruche 

de La Chaux-de-Fonds ?

En réalité, la disposition centrale de la ruche allait permettre de donner à ces armoiries un sens symbolique entièrement maçonnique, faisant de la ville de La Chaux-de-Fonds l’équivalent du siège du futur Temple de l’Humanité à l’édification duquel travaillent les francs-maçons.

L’explication en est simple:

1. Les onze carrés bleus, censés représenter les onze quartiers historiques de l’ancienne circonscription, constituent, de par leur figuration en damier de carrés bleus et blancs, ce que les francs-maçons appellent le Pavé mosaïque (symbole du monde profane avec ses contradictions) et qui figure généralement à l’entrée de la Loge.

2. La ruche et les abeilles, nous l’avons vu, symbolisent le Temple maçonnique et les francs-maçons, mais aussi le Temple futur de l’Humanité auquel oeuvrent les « abeilles » pour qu’il en sorte du miel.

3. Le chef de l’écu, au champ d’azur à trois étoiles d’argent à cinq branches, symbolise la voûte céleste chère aux francs-maçons, où est censé résider le Grand Architecte de l’Univers et qui constitue le toit (ciel) de la Loge ou du Temple.

Tout est dit...

La symbolique maçonnique du drapeau de la République neuchâteloise  

L’histoire de la jeune République neuchâteloise ne donne pas d’explication concluante du choix des trois couleurs verte, blanche et rouge attribuées à son drapeau. D’où vient ce choix et qui en ont été  les instigateurs ? L’histoire reste muette. C’est d’autant plus curieux que s’il devait y avoir eu une couleur dominante pour le choix du nouveau drapeau, l’orange eut été mieux approprié puisque c’était la couleur de ralliement des révolutionnaires (alliance de l’or et du rouge des armes des anciens comtes de Neuchâtel).  

La symbolique des trois couleurs

Or, si l’on recherche la symbolique de ces trois couleurs verte, blanche et rouge, on constate que celles-ci correspondent aux trois vertus théologales que sont l’Espérance, la Foi et la Charité (l’Amour) et que ces trois vertus sont celles du Chevalier Rose-Croix, 18e grade du Rite Ecossais Ancien et Accepté en franc-maçonnerie.

Ces trois couleurs sont également attribuées au grade maçonnique de Prince de Mercy ou Ecossais Trinitaire (Mercy signifiant Alliance, Pitié ou Compassion), 26e grade du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Le rôle social de ce Prince de Mercy est le même que celui du Rose-Croix: aimer avec compassion et délivrer ceux qui sont prisonniers de leurs passions.

Enfin, ces trois couleurs font aussi référence aux trois éléments de la science d’Hermès (l’alchimie) que sont le Mercure, le Sel et le Soufre, bases du Grand Œuvre et qui, par leur séparation et leur fusion (solve et coagula), permettent de transmuter le métal vil en or ou, si l’on préfère, d’atteindre à la Vérité intérieure.

Curieusement, ces trois couleurs sont aussi celles du drapeau italien auquel, selon René Guénon (in L’Esotérisme de Dante, p. 18, note 1), on attribue généralement une origine maçonnique. (Garibaldi, un des initiateurs de l’unité italienne, était franc-maçon...)

Ce qu’en dit l’héraldique

Le drapeau neuchâtelois et l’écusson qui en découle se lisent: « Tiercé en pal, de sinople, d’argent et de gueules, ce dernier chargé en chef d’une croix alésée d’argent. »

Si l’on blasonne « par peinture », comme nous l’avons fait pour les armoiries de La Chaux-de-Fonds, on obtient curieusement un sens identique à celui de la Ruche chaux-de-fonnière: sinople devient « si noble », argent devient « gens de l’Art » et gueules qui se traduit par « règne » possède aussi le sens de « royal » (le règne est l’apanage du roi dont le rouge est la couleur – l’oriflamme rouge de St-Denis, par exemple, qui accompagnait l’ost royal au Moyen Age). La lecture donnera donc: « Si nobles gens de l’Art Royal » ou francs-maçons.

La croix, en alchimie, symbolise le creuset dans lequel se forment les différents stades du Magistère pour aboutir à « l’œuvre au rouge », annonciatrice de la Pierre philosophale. La croix d’argent sur le tiercé rouge du drapeau serait ainsi le « creuset des gens de l’Art » dans lequel se développe (croît) la transmutation (l’œuvre au rouge).

Cela signifie, en langage symbolique clair, que le drapeau neuchâtelois exprime la transmutation de l’ancienne principauté en une jeune république appelée à se développer en toute liberté, égalité et fraternité au sein du « creuset » helvétique.

Cela suffit-il à admettre que les francs-maçons qui dirigèrent la révolution neuchâteloise de 1848 et ceux qui siégèrent à son gouvernement seraient à la source du drapeau vert, blanc et rouge de la jeune République ? Certes non, mais tout laisse à penser comme si…  

Les Rites ou Systèmes maçonniques posent les règles des Rituels particuliers à chaque degré et à chaque type de cérémonie maçonnique.

Les premiers Rites pratiqués par la franc-maçonnerie moderne de 1723 sont issus d'une synthèse d'anciens catéchismes maçonniques et de cérémonies antérieurs à 1717, avec des emprunts probables à la Maçonnerie opérative écossaise – synthèse à laquelle la Grande Loge de Londres (dite « des Modernes ») a apporté plusieurs innovations, notamment le troisième degré associé au mythe d'Hiram.

Par la suite, les Loges du Continent, qui pratiquaient le Rite de cette Grande Loge apporteront leurs propres modifications, ce qui explique les nombreux Rites et Systèmes maçonniques pratiqués aujourd'hui dans le monde. Certains se limitent aux trois premiers degrés, d'autres, au contraire, y ajoutent une série de degrés complémentaires, appelés parfois « hauts grades ».

Les Systèmes ou Rites maçonniques pratiqués au sein de la Grande Loge Suisse Alpina sont très divers, mais, par mesure de simplification, nous nous arrêterons aux principaux.

Franc-maçon 33e Grade

Le Rite Ecossais Ancien et Accepté

Les premiers « hauts grades » apparaîtront en France sous l'appellation de Maîtres Ecossais un peu avant 1745. Par la suite, viendront s’ajouter d’autres degrés qui seront à l'origine des hauts grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Sa structure actuelle remonte à la création du premier Suprême Conseil en 1801 à Charleston (Caroline du Sud) et à celui de Paris en 1804 par le comte Alexandre de Grasse-Tilly, fils du célèbre amiral français de la Guerre d'Indépendance des Etats-Unis.

Fondation du Chapitre Rose-Croix La Fidélité 

à La Chaux-de-Fonds

L’idée de fonder un Chapitre de hauts grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté aurait été émise en 1883 par des Frères Chevaliers Rose-Croix de la région Neuchâtel-Jura, qui s’étaient fait recevoir au Chapitre La Prudence à Genève.

Le fait qu’il ne fallait pas moins d’une dizaine d’heures pour se rendre par le rail à Genève depuis les Montagnes neuchâteloises et jurassiennes fut certainement un bon motif pour créer en 1899 un Cercle de hauts grades à La Chaux-de-Fonds, sous le nom déjà retenu de La Fidélité ­– cela dans le but de former un Chapitre Rose-Croix, lorsque le nombre des Frères serait suffisant. Parmi les dix membres fondateurs de ce premier Cercle, on comptait quatre Frères de La Chaux-de-Fonds, les autres provenant du Locle, Porrentruy, Fleurier, Saint-Imier, Malleray et Sonceboz.

Progressivement, le Cercle s’élargit avec l’arrivée de nouveaux membres, et le 26 mars 1905, lors d’une assemblée générale du groupe, la décision de créer un Chapitre Rose-Croix à la Chaux-de-Fonds fut prise à l’unanimité. Le Suprême Conseil du 33e degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté pour la Suisse délivra le 9 juillet 1905 la patente de constitution du nouveau Chapitre La Fidélité. L’installation officielle par le Suprême Conseil eut lieu quelques mois plus tard, le dimanche 8 octobre 1905, dans le Temple de la Loge L’Amitié à La Chaux-de-Fonds.

Le développement du Chapitre La Fidélité subira, comme d’ailleurs l’ensemble de la franc-maçonnerie suisse, deux accalmies provoquées par les deux guerres mondiales, mais sans que sa pérennité ne soit remise en question. Le nombre de ses membres, en provenance des Loges de la région Neuchâtel, Jura et Jura bernois, n’a cessé de croître par la suite et approche les soixante-dix cette année 2005 qui marque son 100e anniversaire.

Rites et Hauts Grades

Fondation de la Loge L’Amitié à La Chaux-de-Fonds 

Le 24 juillet 1819, les francs-maçons de La Chaux-de-Fonds recevaient leur patente de constitution, octroyée par le Grand Maître de la Grande Loge Provinciale anglaise de Berne. Au début, les membres de L'Amitié se réunissaient chez l'un ou l'autre d'entre eux dis­po­sant d'une pièce assez spacieuse, et tenaient leurs banquets rituels à l'Hôtel de la Balance. Mais la construction d'un immeuble pour abriter le Temple avait déjà commencé au N° 3 de la rue de la Chapelle, et celui-ci fut inauguré le 20 décembre 1820. Les événements de 1831, qui virent avorter la première tentative de révolution neuchâteloise – à laquelle avaient participé plusieurs francs-maçons, dont le Vénérable de la loge, Auguste Vuille, dit Avocat Bille – divisèrent la Loge et l'affaiblirent, la contraignant à cesser ses travaux. Le Temple fut démonté et l'immeuble mis en vente en 1836. Mais, dès 1839, l'ancien Vénérable Louis Challandes reprit le flambeau de la Loge et rouvrit les travaux avec l'aide de quelques irréductibles. Les premières réunions eurent lieu dans les locaux de la Loge du Locle et chez ceux des Frè­res qui en avaient la possibilité. Par la suite, les membres de L'Amitié se réunirent au N° 1 de la rue du Marché (anciens locaux du journal L'Impartial) puis, dès 1842, au N° 17 de la rue de la Combe (actuelle rue de l'Hôtel-de-Ville).

Le nombre des mem­bres ne cessant d'augmenter, le désir de construire un immeuble exclusivement affecté aux travaux maçonniques germait chez les Frères de L'Amitié. En 1843, l'idée est lancée et  décision est prise le 28 mars 1844 d'acheter le pré dit « du jet d’eau » (actuel parc des musées). Le 5 avril 1845, l'immeuble est achevé et la Loge tient sa première réunion dans les locaux du rez-de-chaussée, le Temple, au premier étage, n’étant pas terminé. Le chemin qui mène à la Loge deviendra la Rue de la Loge et l’immeuble porte aujourd’hui le N° 8.

Mais les francs-maçons n'avaient pas pour autant disparu de la principauté. Entre les influences émanant de l'entourage maçonnique du Roi de Prusse, Frédéric le Grand, lui-même franc-maçon, et les Loges frontalières françaises, la franc-maçonnerie n'allait pas tarder à reprendre pied officiellement sur le sol neuchâtelois, au Locle plus précisément, où la Loge Les Vrais Frères Unis tiendra sa première séance protocolée le 2 octobre 1774. Sa lettre de constitution lui avait été octroyée par la Grande Loge de France. Mais, cette Grande Loge était considérée comme irrégulière face à la seule autorité reconnue compétente, le Grand Orient de France. Les Maçons Loclois durent donc se mettre en quête d’une nouvelle patente de constitution auprès du Grand Orient, par l’entremise de leurs Frères et amis de la Loge régulière La Sincérité de Besançon, notamment le Vénérable Mathérot de Romange, chantre et chanoine à l’église Sainte-Madeleine. Et la nouvelle installation de la Loge locloise eut lieu en août 1781.

Depuis cette période, les liens d’amitié qui s’étaient établis entre les Frères de la Loge de Besançon, devenue aujourd’hui Sincérité, Parfaite Union et Contante Amitié Réunies, et ceux de la Loge du Locle ne furent jamais rompus et se sont même étendus aux Loges de Neuchâtel et de La Chaux-de-Fonds. En effet, les francs-maçons du Littoral, de même que ceux de La Chaux-de-Fonds et du Vallon de Saint-Imier, se retrouvaient à l’époque à la Loge du Locle. Mais l'éloignement géographique ajouté aux difficultés d'accès, surtout en hiver, incita à la longue ces différents Frè­res à fonder leur propre Loge dans leurs régions respectives: ceux du Littoral à Neuchâtel en 1791 (Loge Frédéric-Guillaume La Bonne Harmonie); ceux de La Chaux-de-Fonds en 1819 (Loge L’Amitié) avec ceux du Vallon de Saint-Imier, qui quittèrent à leur tour la Loge de La Chaux-de-Fonds en 1883, pour fonder la Loge Bienfaisance et Fraternité à Saint-Imier.

La franc-maçonnerie actuelle remonterait aux anciennes confréries de bâtisseurs du Moyen Age, qui réunissaient dans des « Loges » construites à côté du chantier, architectes et tailleurs de pierre pour l’édification des cathédrales. Dans les Loges écossaises et anglaises seront progressivement introduits des membres qui n’étaient pas du métier: des savants, des nobles et des bourgeois. Ce sont ces « non-professionnels » qui furent à l’origine de la franc-maçonnerie actuelle, dite « spéculative », par rapport à l’ancienne dite « opérative ». Cela s’est produit à Londres, le 24 juin 1717, où quatre Loges décidèrent de s’unir en une Grande Loge sous le nom de Grande Loge de Londres. Dans les années qui suivirent, la nouvelle Maçonnerie se répandit à travers l’Europe comme une traînée de poudre, véhiculée par les aristocrates ainsi que par les officiers des régiments des différentes armées. Les premiers « hauts grades » apparaîtront, semble-t-il, aux environs de 1740, mais ils ne seront véritablement structurés que vers la fin du XVIIIe siècle.

Les débuts de la franc-maçonnerie 

dans le Pays de Neuchâtel

Après son entrée en Suisse par Genève (1736), Lausanne (1739) et Zurich (1740), la franc-maçonnerie fit sa première apparition officielle en terre neuchâteloise en 1743 avec la Loge Aux Trois Etoiles flam­boyan­tes, fondée à Neuchâtel par Jacob Perret-Gentil, maire de La Chaux-de-Fonds. Placée sous l'obédience de la Grande Loge Aux Trois Glo­bes de Berlin, elle s'éteignit vers 1760 déjà et l'on ne sait pratiquement rien d'elle ni de ses membres.

Comment est organisée la franc-maçonnerie?

La franc-maçonnerie est composée de francs-maçons répartis en groupes, chaque groupe constituant ce que l’on appelle une Loge. Les francs-maçons constitués en Loge se réunissent dans un Temple, c’est-à-dire un lieu fermé et couvert, plus ou moins décoré de symboles et d’allégories maçonniques.

A l’exception de quelques Loges totalement indépendantes, toutes les autres travaillent sous les auspices d’une Obédience (Grande Loge ou Grand Orient) dont l’autorité se limite aux frontières nationales du pays dans lequel elle se trouve.

En Suisse, il existe plusieurs Obédiences masculines, mixtes ou féminines, dont la plus ancienne et la plus importante est la Grande Loge Suisse Alpina (GLSA) qui regroupe 3700 francs-maçons répartis dans 79 Loges sur l’ensemble du territoire, avec une plus forte concentration dans les villes de Genève, Lausanne, Zurich et Bâle.

Des origines de la franc-maçonnerie à la Fondation du Chapitre de hauts grades La Fidélité à La Chaux-de-Fonds

La franc-maçonnerie moderne, telle que nous la connaissons aujourd’hui, s’est constituée en Angleterre en 1717. Mais les plus récents historiens de la franc-maçonnerie estiment qu’elle puise à la source des anciennes associations corporatives ou confréries de métier du bâtiment, principalement celles d’Ecosse des XVIe et XVIIe siècles et d’Angleterre, qui se réunissaient déjà en Loges.

Dans ces Loges seront introduits progressivement des membres qui ne sont pas du métier : bourgeois, nobles, savants. Si bien que vers la fin du XVIIe siècle, les non-professionnels étaient devenus plus nombreux que les gens du métier. Ces nouveaux venus apportaient avec eux les idées nouvelles qui florissaient déjà depuis la Renaissance et qui marqueront la naissance de la franc-maçonnerie moderne, que l’on nomme maçonnerie “spéculative” (philosophique) pour la distinguer de l’ancienne, dite “opérative” (des compagnons bâtisseurs).

Cette naissance de la franc-maçonnerie moderne a eu lieu précisément le 24 juin 1717, à Londres. Ce jour-là, jour de la Saint Jean-Baptiste, patron des francs-maçons, quatre Loges de Londres décidèrent de s’unir sous la direction d’un Grand Maître et se constituèrent en Grande Loge, sous le titre de Grande Loge de Londres. La jeune Grande Loge anglaise acquit rapidement de la considération, au point d’unir sous son obédience plus de 530 Loges vers la fin du siècle.

Dès sa naissance, la franc-maçonnerie spéculative avait trouvé dans l’ensemble de l’Europe un terrain d’expansion tout aussi favorable qu’en Angleterre. Et, une vingtaine d’années plus tard, elle se répandait comme une traînée de poudre partout dans le monde où les puissances européennes d’alors avaient des implantations militaires ou commerciales.

Après avoir subi ses maladies de jeunesse, la franc-maçonnerie moderne a réussi à se structurer dans la plupart des pays du monde sous forme d’obédiences nationales diverses, indépendantes les unes des autres et regroupant chacune plusieurs Loges, elles aussi indépendantes les unes des autres. Cette diversité et cet aspect mosaïque des Loges sont caractéristiques de l’esprit maçonnique qui refuse toute ingérence dogmatique et lutte depuis toujours en faveur de la liberté de pensée.

Intérieur du Temple de la Loge L'Amitié

à La Chaux-de-Fonds

Le maçon apprend d’abord à écouter avant d’apprendre à s’exprimer (c’est le temps de l’apprentissage). Puis, à la fin du degré d’Apprenti où il a acquis les bases qui lui permettront de structurer sa recherche et d’acquérir de nouvelles connaissances, il passe au degré de Compagnon. Enfin, le Compagnon accède à la maîtrise, troisième degré, où le Maître franc-maçon est censé maîtriser tous les outils et être capable d’appliquer son vécu maçonnique sur le monde extérieur, dans ses relations avec les autres.

Mais chaque franc-maçon sait que son accession au grade de Maître n’est que le commencement d’un long apprentissage à une existence nouvelle, faite non pas de droits et de privilèges, mais de devoirs conduisant à la recherche incessante du perfectionnement de l’être.

Cette recherche de perfectionnement du Maître franc-maçon se prolonge dans les différents Rites ou Systèmes de grades complémentaires, appelés aussi parfois « hauts grades », présentés dans cette exposition.

Initiation d'apprenti

Quand et comment s’est constituée la franc-maçonnerie?

Les Grades de la Franc-maçonnerie

29 avril – 20 novembre 2005

En collaboration avec le Chapitre La Fidélité en la Vallée de La Chaux-de-Fonds

 

L’origine des Hauts Grades de la Franc-maçonnerie remonte au XVIIIème siècle, peu après la naissance officielle de la Maçonnerie spéculative anglaise, en 1717. Le germe en fut le grade de Maître, qui apparut vers 1730, alors que n’étaient pratiqués en Angleterre que les deux grades d’Apprenti et de Compagnon. Certains auteurs voient même dans ces Hauts Grades une filiation templière possible car on sait qu’après le condamnation de l’ordre et sa destruction en 1314, bon nombre de Templiers français ont fui vers l’Espagne, le Portugal et l’Ecosse, où ils ne risquaient pas d’être inquiétés. Ce premier rituel a donné lieu à divers rites.

Dans le cadre d’un parcours franco-suisse

« La Franc-maçonnerie : histoire d’une fraternité » :

Musée de l’Hôtel-Dieu, Grand-Rue 5, 2900 Porrentruy, « La Franc-maçonnerie dans l'Arc jurassien, 125ème anniversaire de la Loge La Tolérance», 10 septembre – 20 novembre 2005

Musée des beaux-arts et d’archéologie, 1, place de la Révolution, Besançon, «Une fraternité dans l’histoire : les artistes et la Franc-maçonnerie aux XVIIIe et XIXe siècles », 16 septembre 2005 – 30 janvier 2006

Franc-maçon 4e Grade

Qu’est-ce que la franc-maçonnerie?

La franc-maçonnerie est une association d’hommes libres, qui fait remonter son origine aux corporations et confréries du Moyen Age. Aujourd’hui, la franc-maçonnerie comprend également des Loges féminines et des Loges mixtes.

Elle admet en son sein des hommes ou des femmes qui se réunissent en toute fraternité pour travailler à leur perfectionnement moral et spirituel, cela sans distinction de croyance, de race, de nationalité, de parti politique ni de position sociale.

Elle affirme la liberté de conscience, de croyance et de pensée, respecte toute conviction sincère et repousse toute entrave à ces libertés. Elle s’applique sans relâche à promouvoir l’esprit de tolérance et le respect de l’autre.

Chaque franc-maçon s’emploie également à faire respecter les droits de l’homme et accomplit ses devoirs de citoyen selon ses convictions personnelles et en toute liberté pour le bien de son pays.

La franc-maçonnerie peut donc se définir comme une école de vie et un apprentissage de la liberté (être libre n’impliquant pas seulement des droits, mais aussi des devoirs), basé sur la tolérance, le respect de l’autre et de soi-même, et la liberté de pensée.

Il s’agit là, bien sûr, d’une quête individuelle, mais qui, entreprise dans une démarche collective au milieu et avec l’appui fraternel des autres chercheurs, s’avère plus aisée et plus progressive grâce aux échanges réciproques.

Toutefois, pour être bien préparé à cette démarche, le futur franc-maçon doit au préalable passer par une initiation. Contrairement au sens moderne qui lui est attribué aujourd’hui, “initier” (du latin initiare : commencer) ne signifie pas “transmettre un savoir”, mais, dans le cas qui nous occupe : “mettre en condition pour commencer à apprendre”.

 

Source du contenu de cette page:

 

MUSEE D’HISTOIRE DE LA CHAUX-DE-FONDS réputé pour la qualité de ses expositions. En 1990 déjà, le musée avait consacré une magnifique exposition ayant pour thème « La Franc-Maçonnerie » et avait publié à cette occasion une plaquette très intéressante. Visiter le site du musée...

 

Durant l’exposition consacrée en 2005 aux « Grades de la Franc-Maçonnerie », le contenu de cette page était accessible sur le site du musée, il est reproduit ici afin d’illustrer l’intérêt culturel et historique que suscite la Franc-Maçonnerie dans le Pays de Neuchâtel.

 

Par ailleurs, c'est l'occasion de rendre témoignage de la collaboration de Monsieur Michel Cugnet à cette exposition qui remporta auprès du public un très vif succès.