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Histoire de la Franc-
Tout en demeurant indissociable de ses origines plus lointaines, l’histoire de la
Franc-
A partir de 1751, se produisit un schisme qui allait diviser les Francs-
Une autre opposition se manifesta encore avec la constitution en France de degrés
maçonniques, dits grades chevaleresques ou hauts grades. Cette opposition aboutit
en Angleterre à la création, entre autres, de l’Ordre de Royal Arch. La naissance
de ces "hauts grades" et leur diversité introduisit bientôt de nouveaux rites, dont
l’application ne pouvait que contribuer à renforcer encore les divisions au sein
de cette Franc-
La scission entre Anciens et Modernes dura jusqu’en 1813, date à laquelle l’acte
de fusion des deux Grandes Loges devint officiel et la nouvelle Grande Loge se donna
le titre de Grande Loge Unie des Anciens Francs-
Enfin, une année plus tard, en 1814, les trois Grandes Loges d’Angleterre, d’Irlande et d’Ecosse signèrent un acte d’alliance pour la pratique des trois premiers grades.
L’expansion
Dès sa naissance, la franc-
Après avoir subi ses maladies de jeunesse, la Franc-
Répartie dans une soixantaine de pays (d’une manière générale, les dictatures, qu’elles
soient de droite ou de gauche, condamnent la Franc-
La Constitution de 1723
De même que toute association a ses règles et ses statuts, la Franc-
Les règlements et constitutions des Loges sont d’ordre administratif et règlent la
conduite morale du Franc-
Les premiers règlements ou constitutions auxquels se réfère aujourd’hui la Franc-
S’il paraît évident qu’à la lecture certains passages de ces Constitutions peuvent
aujourd’hui prêter à sourire par leur côté vieillot, reflet d’une époque ou régnaient
encore en Europe des relents d’absolutisme et d’Inquisition, il faut reconnaître
que leur teneur reste très "progressiste" pour l’époque et traduit assez bien les
idées fondamentales de la Franc-
A titre de comparaison et pour illustrer ce qui précède, nous faisons suivre le texte original des Constitutions de 1723 par celui des Principes maçonniques généraux de la Constitution de la Grande Loge Suisse Alpina, édition de 1999.
Les obligations d’un Franc-
extraites des anciennes archives des Loges,
au-
et d’Irlande, à l’usage de Loges de Londres
,
pour être lues
en faisant de nouveaux Frères ou quand le Maître l’ordonnera.
Concernant
Dieu et la religion
Du Magistrat civil, suprême et subordonné
Des Loges
Des Maîtres,
Surveillants, Compagnons et Apprentis
De la Direction du métier pendant le travail
De la Conduite, à savoir :
1. Dans la Loge quand elle est constituée.
2. Après la fermeture de la Loge et avant
le départ des Frères.
3. Quand les Frères se rencontrent sans présence étrangère mais
hors d’une Loge constituée.
4. En présence d’étrangers non maçons.
5. Chez vous et
dans votre entourage.
6. Envers un Frère étranger.
Concernant Dieu et la Religion
Un Maçon est obligé de par sa tenure d’obéir à la loi morale et s’il comprend bien
l’Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux. Mais quoique
dans les temps anciens les Maçons fussent tenus dans chaque pays d’être de la religion,
quelle qu’elle fût, de ce pays ou de cette nation, néanmoins il est maintenant considéré
plus expédient de seulement les astreindre à cette religion sur laquelle tous les
hommes sont d’accord, laissant à chacun ses propres opinions ; c’est-
Du magistrat civil suprême et subordonné
Un Maçon est un paisible sujet à l’égard des pouvoirs civils, en quelque lieu qu’il
réside ou travaille, et ne doit jamais être mêlé aux complots et conspirations contre
la paix et le bien-
Aussi, si un Frère devenait rebelle envers l’Etat, il ne devrait pas être soutenu dans sa rébellion, quelle que soit la pitié que puisse inspirer son infortune ; et s’il n’est convaincu d’aucun autre crime, bien que la loyale Confrérie ait le devoir et l’obligation de désavouer sa rébellion, pour ne provoquer aucune inquiétude ni suspicion politique de la part du gouvernement au pouvoir, il ne peut pas être chassé de la Loge et ses relations avec elle demeurent indissolubles.
Des Loges
Une Loge est un lieu où les Maçons s’assemblent pour travailler : d’où le nom de Loge qui est donné à l’assemblée ou à la société de Maçons régulièrement organisée, et l’obligation pour chaque Frère d’appartenir à l’une d’elles et de se soumettre à ses règlements particuliers ainsi qu’aux règlement généraux. La Loge est soit particulière, soit générale ou Grande Loge.
Dans les temps anciens, aucun Maître ou Compagnon ne pouvait s’en absenter, spécialement lorsqu’il y avait été convoqué, sans encourir une sévère censure, à moins que le Maître ou les Surveillants n’aient constaté qu’il en avait été empêché par une impérieuse nécessité.
Les personnes admises comme membres d’une Loge doivent être des hommes bons et loyaux, nés libres, ayant l’âge de la maturité d’esprit et de la prudence, ni serfs, ni femmes, ni hommes immoraux ou scandaleux, mais de bonne réputation.
Des Maîtres, Surveillants, Compagnons et Apprentis
Toute promotion parmi les Maîtres Maçons est fondée uniquement sur la valeur réelle et sur le mérite personnel ; afin que les seigneurs puissent être bien servis, que les Frères ne soient pas exposés à l’humiliation et que l’Art royal ne soit point décrié : pour cela aucun Maître ou Surveillant n’est choisi à l’ancienneté, mais bien pour son mérite. Il est impossible de dépeindre ces choses par écrit, chaque Frère doit rester à sa propre place et les étudier selon les méthodes particulières de cette Confrérie. Tout ce que les candidats peuvent savoir c’est qu’aucun Maître n’a le droit de prendre un Apprenti s’il n’a pas un travail suffisant à lui fournir et s’il n’est pas un jeune homme parfait ne souffrant d’aucune mutilation ou tare physique qui puisse l’empêcher d’apprendre l’Art et de servir le seigneur de son Maître et de devenir un Frère, puis un Compagnon en temps voulu après avoir durant le nombre d’années fixé par la coutume du pays ; et s’il n’est issu de parents honnêtes ; ceci afin qu’après avoir acquis les qualités requises il puisse parvenir à l’honneur d’être le Surveillant, puis le Maître de la Loge, le Grand Surveillant et enfin, selon son Mérite, le Grand Maître de toutes les Loges.
Nul Frère ne peut être Surveillant avant d’avoir passé le degré de Compagnon ; ni
Maître avant d’avoir occupé les fonctions de Surveillant ; ni Grand Surveillant avant
d’avoir été Maître d’une Loge, ni Grand Maître s’il n’a pas été Compagnon avant son
élection. Celui-
Ces administrateurs et gouverneurs, supérieurs et subalternes de la Loge ancienne, doivent être obéis dans leurs fonctions respectives par tous les Frères, conformément aux Anciennes Obligations et Règlements, en toute humilité, révérence, amour et diligence.
De la direction du métier pendant le travail
Tous les Maçons travailleront honnêtement pendant les jours ouvrables afin de profiter honorablement des jours de fête ; et l’horaire prescrit par la loi du pays ou fixé par la coutume sera respecté.
Le Compagnon Maçon le plus expert sera choisi ou délégué en qualité de Maître ou Surintendant des travaux du seigneur ; ceux qui travaillent sous ses ordres l’appelleront Maître. Les ouvriers doivent éviter tout langage déplacé, et ne point se donner entre eux de sobriquets désobligeants, mais s’appeler Frère ou Compagnon ; et se conduire avec courtoisie à l’intérieur de la Loge.
Le Maître, confiant en son habileté, entreprendra les travaux du seigneur aussi raisonnablement que possible et tirera parti des matériaux comme s’ils étaient à lui, ne donnant à aucun Frère ou Apprenti plus que le salaire qu’il mérite vraiment.
Les Maîtres et les Maçons recevant chacun leur juste salaire seront fidèles au seigneur et achèveront leur travail consciencieusement, qu’il soit à la tâche ou à la journée ; et ils n’effectueront pas à la tâche l’ouvrage qu’on a l’habitude de faire à temps.
Nul ne se montrera envieux de la prospérité d’un Frère ni ne le supplantera, ni ne l’écartera de son travail s’il est capable de le mener à bien ; car personne ne peut achever le travail d’autrui, à l’avantage du seigneur, sans être parfaitement au courant des projets et conceptions de celui qui l’a commencé.
Quand un Compagnon Maçon est désigné comme Surveillant des travaux sous la conduite du Maître, il sera équitable tant à l’égard du Maître que des Compagnons, surveillera avec soin le travail en l’absence du Maître dans l’intérêt du seigneur ; et ses Frères lui obéiront.
Tous les Maçons employés recevront leur salaire uniment, sans murmure ni révolte, et ne quitteront pas le Maître avant l’achèvement du travail.
On instruira un Frère plus jeune dans le travail pour que les matériaux ne soient point gâchés par manque d’expérience et pour accroître et consolider l’amour fraternel.
On n’utilisera dans le travail que les outils approuvés par la Grande Loge.
Aucun manœuvre ne sera employé aux travaux propres à la Maçonnerie ; et les Francs-
De la conduite, savoir :
Dans la Loge quand elle est constituée
Vous ne devez pas
tenir de réunions privées, ni de conversations à part sans autorisation du Maître,
ni parler de choses inopportunes ou inconvenantes ; ni interrompre le Maître, ou
les Surveillants ni aucun Frère parlant au Maître : ne vous conduisez pas non plus
de manière ridicule ou bouffonne quand la Loge traite de choses sérieuses et solennelles
; et sous aucun prétexte n’usez d’un langage malséant ; mais manifestez à votre Maître,
à vos Surveillants et à vos Compagnons la déférence qui leur est due et entourez-
Si quelque plainte est déposée, le Frère reconnu s’inclinera devant le jugement et la décision de la Loge, qui est le seul juge compétent pour tous ces différents (sous réserve d’appel devant la Grande Loge), et c’est à elle qu’il doit être déféré, à moins que le travail d’un seigneur ne risque d’en souffrir, dans lequel cas, il serait possible de recourir à une procédure particulière ; mais les affaires maçonniques ne doivent jamais être portées en justice, à moins d’absolue nécessité dûment constatée en Loge.
Après fermeture de la Loge et avant le départ des Frères
Vous pouvez jouir d’innocents plaisirs, vous traitant réciproquement selon vos moyens,
mais en évitant tout excès et en n’incitant pas un Frère à manger ou à boire plus
qu’il n’en a envie, en ne le retenant pas lorsque ses affaires l’appellent, en ne
disant et en ne faisant rien d’offensant ou qui puisse interdire une conversation
libre et aisée ; car cela détruirait notre harmonie, et ruinerait nos louables desseins.
C’est pourquoi aucune brouille ni querelle privée ne doit passer le seuil de la Loge,
et moins encore quelque querelle à propos de la religion, des nations ou de la politique
car comme Maçons nous sommes seulement de la religion mentionnée ci-
Quand les Frères se rencontrent sans présence étrangère, mais hors d’une Loge constituée
Vous devez vous saluer réciproquement de manière courtoise, comme on vous l’enseignera,
vous appelant mutuellement Frère, échangeant librement les instructions que vous
jugerez utiles, sans être vus ni entendus, sans prendre de pas l’un sur l’autre,
ni manquer aux marques de respect qui seraient dues à un Frère, s’il n’était pas
Maçon : car quoique les Maçons en tant que Frères soient tous sur un pied d’égalité,
la Maçonnerie ne prive pas un homme des honneurs auxquels il avait droit auparavant
; bien au contraire, elle ajoute à ces honneurs, spécialement lorsqu’il a bien mérité
de la Fraternité qui se plaît à honorer ceux qui le méritent et à proscrire les mauvaises
manières.
En présence d’étrangers non maçons
Vous serez circonspects dans vos propos et dans
votre comportement, pour que l’étranger le plus perspicace ne puisse découvrir ni
deviner ce qu’il ne doit pas connaître, et vous aurez parfois à détourner la conversation
et à la conduire prudemment pour l’honneur de la véritable Fraternité.
Chez vous et dans votre entourage
Vous devez agir comme il convient à un homme sage
et de bonnes mœurs ; en particulier n’entretenez pas votre famille, vos amis et voisins
des affaires de la Loge, etc., mais soyez particulièrement soucieux de votre propre
honneur, et de celui de l’ancienne Fraternité, ceci pour des raisons qui n’ont pas
à être énoncées ici. Ménagez aussi votre santé en ne restant pas trop tard ensemble
ou trop longtemps dehors, après les heures de réunion de la Loge ; et en évitant
les excès de chair ou de boisson, afin que vos familles ne souffrent ni désaffection
ni dommage, et que vous-
Envers un Frère étranger
Vous devez l’éprouver consciencieusement de la manière que
la prudence vous inspirera, afin de ne pas vous en laisser imposer par un imposteur
ignorant, que vous devez repousser avec mépris et dérision, en vous gardant de lui
dévoiler la moindre connaissance.
Mais si vous le reconnaissez comme un Frère authentique et sincère, vous devez lui prodiguer le respect qu’il mérite ; et s’il est dans le besoin, vous devez le secourir si vous le pouvez, ou lui indiquer comment il peut être secouru : vous devez l’employer pendant quelques jours ou le recommander pour qu’on l’emploie.
Vous n’êtes pas obligé de faire plus que vos moyens ne vous le permettent mais seulement dans des circonstances identiques, de donner la préférence à un Frère pauvre, qui est un homme bon et honnête, avant toute autre personne dans le besoin.
Enfin, toutes ces Obligations doivent être observées par vous, de même que celles
qui vous seront communiquées d’autre manière ; cultivez l’amour fraternel, fondement
et clé de voûte, ciment et gloire de cette ancienne Fraternité, repoussez toute dispute
et querelle, toute calomnie et médisance, ne permettez pas qu’un Frère honnête soit
calomnié, mais défendez sa réputation, et fournissez-
Cette Constitution fut par la suite remaniée deux fois. La première se fit lors de
la réédition de 1738, quand la Grande Loge de Londres, devenue Grande Loge d’Angleterre,
se trouvait en bute à l’opposition des "Anciens" Maçons. Cette opposition ne s’organisera
vraiment qu’en 1751, le 17 juillet, lorsque des Francs-
Article premier, remanié en 1738 :
Un Maçon est obligé, de par sa tenure, d’observer la Loi morale, en tant que vrai
Noachite ; et s’il comprend bien le métier, il ne sera jamais athée stupide ni libertin
irréligieux ni n’agira à l’encontre de sa conscience. Dans les temps anciens, les
Maçons chrétiens étaient tenus de se conformer aux coutumes chrétiennes de chaque
pays où ils voyageaient ou travaillaient. Mais la Maçonnerie existant dans toutes
les nations, même de religions diverses, ils sont maintenant seulement tenus d’adhérer
à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord (laissant à chaque Frère
ses propres opinions) c’est-
Entre 1723 et cette nouvelle rédaction de 1738, d’autres modifications étaient intervenues dans l’évolution de la Maçonnerie, notamment l’apparition du système à trois degrés. Auparavant, il n’était question que des deux degrés d’Apprenti entré et de Compagnon de métier. Il n’y avait de Maître que celui de la Loge (l’actuel Vénérable). Le degré de Maître, séparé de la fonction de Maître de la Loge, apparut en 1725. Par la suite, la légende de la mort d’Hiram, propre à ce troisième degré, prendra le pas dans les rituels sur celle de Noé qui disparaîtra progressivement. C’est d’ailleurs cette allusion à Noé et aux Noachites, que l’on retrouve dans la nouvelle édition de 1738 et qui ressemble assez bien à une concession faite aux Anciens par Anderson.
L’allusion à Noé est en effet très ancienne et on la rencontre déjà dans le manuscrit Regius daté de 1390, au passage relatif à la construction de la Tour de Babel. Noé et les Noachites ont également survécu, bien que sous influence prussienne, dans la légende du 21e degré, Noachite ou Chevalier Prussien, du Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA).
Le troisième remaniement des Constitutions d’Anderson intervint en 1813, à la fin de la querelle des Anciens Maçons et des Modernes, qui se concrétisa par la fusion des deux Grandes Loges antagonistes sous l’appellation de Grande Loge Unie d’Angleterre. L’article premier de cette nouvelle Constitution fait une large concession aux Anciens en prenant une tournure nettement déiste, ce qui n’a pas été du goût de tous les Maçons à l’époque et qui reste d’ailleurs toujours sujet à controverses. C’est pourquoi, quand on parle de Constitution en Maçonnerie, on pense généralement 1723.
Article premier, remanié en 1813 :
Un Maçon est obligé, de par sa tenure, d’obéir à la loi morale et s’il comprend bien l’Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux. De tous les hommes, il doit le mieux comprendre que Dieu voit autrement que l’homme, car l’homme voit l’apparence extérieure, alors que Dieu voit le cœur. Un Maçon est par conséquent particulièrement astreint à ne jamais agir à l’encontre des commandements de sa conscience. Quelle que soit la religion de l’homme ou sa manière d’adorer, il n’est pas exclu de l’Ordre, pourvu qu’il croie au glorieux Architecte du ciel et de la terre et qu’il pratique les devoirs sacrés de la morale. Les Maçons s’unissent aux hommes vertueux de toutes les croyances dans le lien solide et agréable de l’amour fraternel, on leur apprend à voir les erreurs de l’humanité avec compassion et à s’efforcer, par la pureté de leur propre conduite, de démontrer la haute supériorité de la foi particulière qu’ils professent
Pour revenir à l’esprit du texte de 1723 et mettre en évidence son caractère éminemment "progressiste" pour l’époque, nous vous invitons à le comparer avec les Principes généraux de l’actuelle Constitution (édition de 1999) de la Grande Loge Suisse Alpina.
Le manuscrit Regius
Les anciennes confréries de bâtisseurs du moyen âge, qui réunissaient les "francs-
Le Regius se présente sous la forme d’un long poème, rédigé en vieil anglais, probablement vers 1390, et mentionné pour la première fois en 1670, dans un inventaire de la bibliothèque John Theyer qui fut vendue à Robert Scott en 1678. Par la suite, le manuscrit devint la propriété de la Bibliothèque royale, d’où son nom de Regius, jusqu’en 1757, quand le roi George II d’Angleterre en fit don au British Museum.
Le manuscrit Cooke se présente comme une version parallèle du Regius écrite en prose.
Il serait daté du début du 15e siècle, approximativement entre 1410 et 1425. Les
textes de ces manuscrits traitent de l’art de la géométrie, science à la fois divine
et terrestre, dont l’application par métier se nomme "franc-
La première partie du Regius traite de l’art de la géométrie et de l’origine de son
métier, la Franc-
On thys maner, throz good wytte of gemetry,
Bygan furst the craft of masonry :
The
clerk Euclyde on thys wyse hyt fonde,
Thys craft of gemetry yn Egypte londe.
Yn Egypte
he tawzhte hyt ful wyde,
Yn dyvers londe on every syde ;
Mony erys afterwarde, y understonde,
Zer
that the craft com ynto thys londe.
Ainsi, du noble art de géométrie,
Naquit le métier
de maçonnerie:
L’a fondé de cette façon le clerc Euclide,
Cet art de géométrie au pays
d’Egypte.
Il l’enseigna dans chaque contrée de l’Egypte
Et dans nombre de pays, loin
des pyramides;
Des années durant, d’après ce que j’ai compris,
Avant que ce métier
ne parvienne au pays*. * l’Angleterre
Le manuscrit se poursuit par le récit, toujours en vers, de l’introduction de la
Franc-
Les légendes maçonniques
La Tour de Babel
Le manuscrit Regius (1390) relate ainsi l’édification et la destruction
de la Tour de Babel :
Ecoutez ce que j’ai lu,
Que beaucoup d’années après, à grand effroi
Le déluge de Noé
eut déferlé,
La Tour de Babel fut commencée,
Le plus gros ouvrage de chaux et de pierre,
Que
jamais homme ait pu voir ;
Si long et si large on l’entreprit,
Que sa hauteur faisait
sept miles d’ombre,
Le roi Nabuchodonosor le fit construire
Aussi puissant pour la
défense des hommes,
Que si un tel déluge survînt,
Il ne pourrait submerger l’ouvrage
;
Parce qu’ils avaient un orgueil si fier, avec grande vantardise
Tout ce travail fut
ainsi perdu ;
Un ange les frappa en diversifiant leurs langues,
Si bien qu’ils ne se
comprenaient plus jamais l’un l’autre.
(Traduction de Mme E.M. de Carlo)
Ce passage du Regius fait allusion à une lointaine tradition mythique qui ferait remonter la Maçonnerie à Noé, dont les descendants, oublieux de la promesse faite par Dieu au patriarche, pècheront par orgueil. Cette ancienne légende, qui semble avoir précédé celle de la mort d’Hiram dans l’ancienne tradition maçonnique, aurait été reprise vers le milieu du 18e siècle dans le grade de Noachite, 21e degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté, dont voici la légende :
"Les descendants de Noé, malgré l’arc-
Le mot sacré de ce grade est assez significatif, puisqu’il se compose des trois initiales S.C.J. qui correspondent aux noms des trois fils de Noé, Sem, Cham et Japhet, considérés comme les ancêtres mythiques des races humaines actuelles.
Les Quatre Couronnés
La légende des quatre martyrs couronnés, ou Quatuor Coronati, repose sur une confusion, ce qui toutefois n’enlève rien à la qualité évocatrice de cette légende.
"Sous l’empereur Romain Dioclétien, cinq maçons tailleurs de pierre, qui avaient
refusé d’exécuter la statue d’une divinité païenne, sont condamnés à mort. A peu
de temps près, quatre soldats ayant refusé d’encenser l’autel d’Esculape, sont également
condamnés à la peine capitale. Les neufs condamnés seront exécutés le même jour et
inhumés dans la même sépulture. En 310, le pape Melchiade donne aux quatre soldats
le titre de Quatuor Coronati. Ils seront plus tard confondus avec les tailleurs de
pierre, leurs compagnons de supplice, et deviendront les protecteurs du métier de
la construction." (Récit repris de "La Franc-
Quant au Regius (1390), voici ce qu’il en dit :
"… ces quatre saints martyrs,
Qui dans ce métier furent tenus en grand honneur,
Ils
étaient aussi bons maçons qu’on puisse trouver sur terre,
Sculpteurs et imagiers,
ils étaient aussi,
Car ils étaient des ouvriers d’élite,
L’empereur les tenait en grande
estime ;
Il désira qu’ils fissent une statue
Qu’on vénérerait en son honneur ;
En son
temps, il possédait de tels monuments,
Pour détourner le peuple de la loi du Christ.
Mais
eux demeuraient fermes dans la loi du Christ,
Et dans leur métier sans compromis ;
Ils
aimaient bien Dieu et tout son enseignement,
Et s’étaient voués à son service pour
toujours.
En ce temps-
Et vécurent droitement dans
la loi de Dieu ;
Ils n’entendaient point fabriquer des idoles,
Quelque bénéfice qu’ils
puissent en retirer,
Ni prendre cette idole pour leur Dieu,
Ils refusèrent de le faire,
malgré sa colère ;
Car ils ne voulaient pas renier leur vraie foi,
Et croire à sa fausse
loi,
L’empereur les fit arrêter sans délai,
Et les mit dans un profond cachot ;
Plus
cruellement il les y punissait,
Plus ils se réjouissaient dans la grâce de Dieu,
Alors,
quand il vit qu’il ne pouvait plus rien,
Il les laissa alors aller à la mort ;
Celui
qui voudra, trouvera dans le livre
De la légende des saints,
Les noms des quatre couronnés.
Leur
fête est bien connue,
Le huitième jour après la Toussaint."
(Traduction de Mme E.M.
de Carlo.)
Remarque
On trouvera sur le site http://web.club-
La légende de la mort d’Hiram
Cette légende étant directement liée au rite de passage à la maîtrise ou 3e degré
de la Franc-
"Maître Hiram, architecte du Temple de Salomon, avait des milliers d’ouvriers sous
ses ordres. Pour éviter toute confusion et pouvoir les distinguer entre eux selon
leurs capacités et leur mérite, il les divisa en trois classes ou degrés : apprentis,
compagnons et maîtres. Il donna à chacun d’eux les mots, signes et attouchements
correspondant à leur degré, de manière que l’on puisse les reconnaître et qu’ils
puissent eux-
L’acacia, qui reste toujours vert, est perçu comme le symbole de l’immortalité qui, dans le cas de la légende d’Hiram, peut s’interpréter de différentes manières, suivant les convictions religieuses ou philosophiques de chacun.
GLSA